Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/02/2012

Les régimes : pas la bonne façon de mincir ! (Jean-Michel Lecerf au colloque OCHA-Alimentations particulières)

Le colloque OCHA - Alimentations particulières dont je vous ai déjà parlé a proposé une intervention du Professeur Jean-Michel Lecerf, responsable du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille. Je le connais un peu pour l'avoir entendu plusieurs fois en conférence et je suis globalement plutôt en phase avec ce qu'il raconte, avec sa longue expérience des problématiques de poids. Je le trouve à la fois plein de sagesse et d'humanité, ne prétendant pas pouvoir faire des miracles et insistant sur la complexité de la prise en charge des problèmes de poids.

Jean-Michel Lecerf a notamment été le coordinateur du rapport Anses sur les régimes et il est clairement contre la folie des régimes. Il a insisté sur la distinction à faire entre l'envie légitime de perdre du poids pour sa santé quand on est en surpoids et la mode largement répandue collectivement de se mettre au régime sans bonne raison.

En effet, il ne remet pas en cause en soi l'envie/le besoin de perdre du poids mais il dénonce à la fois :
- une "erreur de casting" parmi les candidats à l'amincissement. En effet, on y trouve pour une part non négligeable des personnes qui ne devraient en aucun cas se mettre au régime : 
. les enfants,
. les adolescents,
. les personnes âgées et surtout, très souvent... :
. les femmes de poids normal.

- la façon de vouloir le faire, par des régimes restrictifs qui ont des effets secondaires :
- physiologiques, en entrainant dans une spirale de reprise de poids (yoyo), et en entamant le capital osseux, la masse musculaire, ...
- psychologiques, avec de la frustration, de la culpabilité, une baisse de l'estime de soi puisqu'on s'en veut de ne pas y arriver et un développement fréquent de troubles du comportement alimentaire.

colloque ocha,alimentations particulières,jean-michel lecerf,maigrir sans régime,dangers des régimes,poids et santé,poids idéal

La "panoplie" spécial régime, non ?! 

Beaucoup de personnes confondent le poids idéal dont elles rêvent, mais qui n'est pas fait pour elles (cf mon billet sur les 3M) et un poids naturel, souhaitable, raisonnable, confortable. Alors, il passe son temps à détromper les patients qui croient parfois qu'il a une recette magique ou que c'est à lui de faire tout le travail, telle cette personne qui lui dit un jour "S'il vous plait, maigrissez-moi, docteur !".

Jean-Michel Lecerf a mis en avant l'obsession de la minceur comme une volonté de mettre tout le monde dans le même moule et un manifestation du refus de la différence. Il a ainsi bien distingué le fait de lutter contre l'obésité qui n'a rien à voir avec une lutte contre les obèses !

Il a aussi insisté sur le fait que l'obésité n'existe pas en soi : il existe DES personnes obèses, qui sont toutes différentes et auxquelles il est donc impossible d'apporter une réponse unique. En effet une multitude de facteurs spécifiques à chacun interviennent : l'age, le niveau de poids, l'histoire du poids et les causes de la prise de poids, les aspects psychologiques, la morphologie, le mode de vie, les facteurs de risque, le comportement alimentaire, ...

D'où la nécessité d'une approche personnalisée, aux antipodes des régimes standard qu'on continue à nous faire miroiter... Il s'agit de s'occuper de son alimentation, de réviser ses habitudes en douceur, de changer progressivement de mode de vie.

Enfin, j'ai aimé un raccourci qu'il a fait, qui m'a vraiment parlé :

RE-MEDICALISER L'OBESITE et DE-MEDICALISER L'ALIMENTATION !

 

Visuel © FOOD-micro - Fotolia.com

19/01/2012

Adieu au gras !

Non, non, il ne s'agit pas d'enlever le gras de notre alimentation, surtout pas, notre corps en a vraiment besoin !

Cette exclamation, c'est la conclusion tirée par un ami après des changements intervenus dans sa vie. Récemment, il me racontait ainsi qu'il avait perdu plus de 7 kilos sans s'en rendre compte. Etrange, n'est-ce pas ? En fait, il avait décidé peu à peu d'élaguer, d'enlever "du gras" dans sa façon de communiquer avec les autres, d'écrire, qu'il jugeait trop riche, trop chargée. Et, conséquence non voulue (d'autant qu'il n'avait pas vraiment de problème de poids), sa façon de manger s'était elle aussi, tout à fait inconsciemment, allégée. Une cohérence de l'être...

suproids,gras,régime,restriction,rééducation alimentaire,équilibre,excès,perte de poids,maigrir sans régime

Cette anecdote a fait écho en moi car je rencontre assez souvent des personnes qui mangent de façon vraiment excessive ou qui alternent privation très stricte et lâchage total. Souvent, il s'agit de leur mode de fonctionnement habituel, une façon excessive d'agir dans différents domaines une logique du "tout ou rien", ... Nombre de ces personnes se débrouillent seules et se lancent typiquement dans des régimes très restrictifs et efficaces rapidement. Mais il y en a aussi qui viennent me voir pour perdre du poids. Je les accompagne vers davantage de mesure dans le domaine alimentaire mais, en fait, cette "rééducation" peut parfois s'avérer complexe si cela crée un décalage entre la façon de manger et le reste...

Que peut-il se passer alors ? Il peut être difficile de s'orienter durablement vers une "voie du milieu" alimentaire si le mode de fonctionnement global de la personne ne bouge pas. Ou au contraire la prise de conscience de ce tempérament excessif par le biais alimentaire est une porte d'entrée qui peut inciter la personne à revisiter d'autres aspects de sa vie et de son caractère. Il n'y a pas d'âge pour changer si on en a envie !

Ainsi, de votre coté, prenez le temps d'observer votre façon de manger : peut-être est-elle le révélateur d'une manière d'être, d'agir plus globale : la vitesse, l'attention portée, la minutie, la quantité excessive, la prudence, ... sont-ils là et ailleurs ? Qu'en pensez-vous ?

 

Visuel ©studio 58 Fotolia.com

 

17/01/2012

Diététicienne ou ministre ?! (ou On peut mincir au restaurant...)

Non, rassurez-vous, je n'ai aucune velléité en la matière ! C'est juste que, la semaine qui vient de se terminer, j'ai un peu eu l'impression d'avoir ce qu'on appelle un "agenda de ministre", assez inhabituel pour moi. Outre mes consultations et trois propositions d'intervention en entreprise ou association à préparer, j'ai eu quatre déjeuners au restaurant + un dîner, trois petits déjeuners à l'extérieur, un goûter dans un palace, une fête d'anniversaire... Un programme de rencontres amicales et professionnelles fort alléchant !

Mais, avec un tel programme, beaucoup de personnes qui font attention à leur ligne en se restreignant se seraient senties assez mal et auraient anticipé cette semaine avec plus d'angoisse que de joie. J'observe ainsi plusieurs types de comportement dans ce type de circonstances :

- les personnes qui se restreignent tellement en temps normal qu'elles savent que les sorties sont synonymes de lâchage automatique et important, fortement générateur de culpabilité ;

- celles qui enchaînent tout cela avec discipline, restent dans leur logique de privation et font des choix davantage guidés par la raison diététique que par le plaisir ;

- celles qui sont dans une relation tellement perturbée avec l'alimentation qu'elles inventent des prétextes pour refuser sorties et invitations, tellement elles ont peur de "craquer", ce qui ne favorise pas leur mieux-être.

Or, pour une personne normalement régulée, ce type d'occasion est surtout un plaisir et elle sait que, même si elle mange ou boit un peu plus ou goûtee des plats plus riches, son corps rétablira un équilibre dans la durée.

Voilà un petit récapitulatif de mes sorties de la semaine :

Lundi midi : déjeuner japonais chez Zenzan, table agréable et bien remplie le midi, dans le quartier de l'Etoile où je n'étais plus allee depuis fort longtemps (on avait prévu initialement un repas chez Kanno mais on a découvert que cela avait fermé) : boeuf sauté épicé aux poireaux sur un grand bol de riz, plus soupe et petits légumes : délicieux et rassasiant.

maigrir au restaurant,régulation alimentaire,maigrir sans régime,manger souvent au restaurant et garder la ligne

Lundi soir : dîner imprévu avec un ami à La Cerisaie, petit resto de cuisine du Sud-Ouest où j'avais très bien déjeuné il y a quelques semaines. Le chef est tres porté sur le gibier en cette saison (moi, je n'y connais pas grand chose mais suis prête à goûter...). On a ainsi partagé une entrée, une terrine de grouse d'Ecosse, puis j'ai mangé deux demi-plats savoureux et étonnants : une "compote de Lièvre façon Royale" avec foie gras, lamelles de truffe et des penne et une "Palombe rôtie et raviole de foie gras". Après tout cela, je n'ai pas résisté à un petit dessert : un "Sablé doré aux marrons glacés comme un crumble", avec des fruits, du croquant, de la glace vanille un peu cachée, miam ! Et un délicieux mini-cannelé a conclu le repas.

maigrir au restaurant,régulation alimentaire,maigrir sans régime,manger souvent au restaurant et garder la ligne

Mardi matin : un petit déjeuner "Ecrire pour", moment que j'adore : pas faim, je n'ai pas touché aux viennoiseries et j'ai un déjeuner prévu pas très tard ;

Mardi midi : déjeuner amical aux Tartes Kluger : bonne tarte salée poulet-curry-tomate (c'est pas la saison de celle-ci !), soupe de potiron (malheureusement servie en même temps, comment manger chaud ?!), salade + 1/2 part de tarte pomme-caramel ;

maigrir au restaurant,régulation alimentaire,maigrir sans régime,manger souvent au restaurant et garder la ligne

Mercredi midi : travail à la maison, envie de tester un nouveau lieu proche plutôt que de cuisiner, Koff Delicatessen, à l'ambiance new-yorkaise : cheeseburger accompagné de "hashbrown" (galette de pommes de terre) ;

maigrir au restaurant,régulation alimentaire,maigrir sans régime,manger souvent au restaurant et garder la ligne

Jeudi matin : petit déjeuner professionnel dans un café : tartine pain-beurre ;

Jeudi midi : déjeuner au Braisenville, dans le 9ème : "magret de canard des Landes céleri rave datte poire", "crumble pommes-poires" : les portions sont petites mais cela me suffit.

maigrir au restaurant,régulation alimentaire,maigrir sans régime,manger souvent au restaurant et garder la ligne

Vendredi matin : petit déjeuner amical à l'extérieur : le prix de la tartine (5 euros !) dans ce grand café du quartier Sèvres-Babylone m'a coupé l'appétit, je me rattraperai plus tard avec un grillé aux pommes...

Samedi après-midi : "Goûter chic" au Plaza Athénée (cf mon billet) : part de mille-feuille pas entière et quelques bouchées des autres gâteaux ;

Samedi soir : invitée à une fête d'anniversaire : quelques bouchées et canapés divers, plus intéressée par les discussions que par le buffet pourtant joli.

Le reste des repas fut maison et adapté à mon appétit.

Eh bien, vous savez que j'aime bien expérimenter pour vous inciter à le faire. Alors, pour vous montrer que sortir beaucoup n'empêche pas de perdre du poids, je me suis livrée à l'expérience moi-même. Résultat sur la balance en une semaine (elle ne devrait servir qu'à mesurer des expériences...) : quelques centaines de grammes... en moins ! Rien de très significatif bien sûr mais en tout cas, pas de prise de poids.

Les clés : la non restriction et la régulation ! Quand on ne se prive pas, on ne ressent pas le besoin de se lâcher à l'extérieur. Quand on a un peu trop mangé, on se régule en attendant le retour de la faim.

Et vous, sortir souvent, cela vous inquiète pour votre ligne ?

 

Les adresses si besoin :

Zenzan, 4 rue Brey, Paris 17ème, 01 53 81 00 75

La Cerisaie, 70 oulevard Edgar Quinet, Paris 14ème, 01 43 20 98 98

Les Tartes Kluger, 6 rue du Forez, Paris 3ème, 01 53 01 53 53

Le Braisenville, 36 rue Condorcet, Paris 9ème, 09 50 91 21 74

Le Plaza Athénée, 25 avenue Montaigne, Paris 8ème, 01 53 67 66 65

11/01/2012

Le GROS traite le régime Dukan d'imposture

Depuis que je gazouille sur twitter, j'ai davantage tendance, car c'est plus immédiat, à relayer des liens sur ce réseau. Mais pas de raison de vous en priver ! Dans le Monde daté du 11 janvier, le GROS (Groupe de Réflexion sur l"Obésité et le Surpoids) publie une tribune intitulée "Le régime Dukan est une imposture" dans laquelle il appelle les médecins à prendre leurs responsabilités. Cela fait suite à une autre initiative saugrenue et particulièrement inappropriée du fameux docteur, il y a quelques mois : écrire à tous les médecins généralistes pour leur suggérer de se former à sa méthode pour la proposer ensuite à leurs patients...

C'est à lire ici :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/10/l-e-regime...

 

A la lecture des commentaires, on se dit que le GROS a encore des efforts à faire en matière de notoriété et que le régime D. n'est pas encore prêt de partir aux oubliettes...

Pour faire connaissance avec le GROS : www.gros.org

31/10/2011

Pas simple comme un régime...

La relation à l'alimentation, ce n'est pas simple comme un régime...

Souvent on croit que c'est simple de maigrir. Qu'il suffit de se priver pendant une période limitée d'aliments riches, d'éliminer des catégories d'aliments réputés grossissants, de suivre une liste de menus "light". Certes, cela parait facile. Mais alors comment se fait-il que la plupart des personnes reprennent les kilos perdus, voire plus, et entrent souvent dans un cycle de poids qui fait le yoyo, ce qui sera dommageable physiquement et psychologiquement ?

En fait, plus je reçois des personnes en désamour avec l'alimentation et/ou avec leur corps, plus je vérifie que la relation avec la nourriture est complexe. Car elle est issue de notre culture, d'une éducation alimentaire familiale, de la constitution éventuelle d'un lien affectif avec certains aliments "doudou", de périodes de restriction permanente ou temporaire, de notre style émotionnel, du mode de vie et du temps qu'on consacre au domaine alimentaire.

Par exemple, on s'éloigne de ses sensations de faim et de rassasiement parce qu'on a des règles de repas un peu strictes, qu'on doit à tout prix finir son assiette. On développe une peur de certains aliments qui feraient quasiment grossir rien qu'en les regardant. On développe un lien avec l'alimentation réconfort quand on est stressé(e) ou angoissé(e). On succombe à toutes les tentations festives car on se prive excessivement le reste du temps, ...

alimentation, régime, minceur, maigrir sans régime, comportement alimentaire, restriction, faire la paix aves les aliments, GROS, surpoids

Oui, on peut retrouver le plaisir de manger des pâtisseries sans culpabiliser !

Tout cela détermine notre façon de manger et elle est unique. Alors, si on ne prend pas en compte cette complexité pour entamer une perte de poids, on risque de traiter la question en surface. Et donc que le résultat soit temporaire.

Alors, on peut décider de prendre les choses globalement, notamment en allant voir un praticien du GROS*. Comme c'est compliqué, que souvent différents éléments sont imbriqués, cela peut prendre du temps. Plus de temps qu'un régime. Mais cela n'en vaut-il pas la peine, si on fait vraiment la paix avec les aliments... et avec soi-même ?

*Pour information, les 3 et 4 novembre, ce sont les 9èmes Rencontres du GROS, consacrées au thème des enfants.

22/09/2011

Stop à la peur des féculents !

Très régulièrement, les femmes qui viennent me consulter, ayant une longue histoire de régimes, me racontent leur journée alimentaire ainsi : elles s'autorisent un peu de pain le matin, une mini-part de riz ou de pâtes le midi (et encore pas toujours) et surtout pas de féculents le soir : "on va les stocker !". Ou si cela arrive, cela crée un terrible sentiment de culpabilité, si elles ont mangé par exemple des pâtes un soir (parce c'était le conjoint qui cuisinait ou qu'il n'y avait vraiment rien d'autre dans les placards).

Cela montre une quasi-phobie des féculents entretenue depuis des années par de très nombreux régimes. On diabolise ces pauvres aliments (comme le gras). Or, notre corps a besoin de l'énergie et des apports nutritifs qu'ils fournissent et il n'y a aucune raison de s'en passer. Ce qui compte pour perdre du poids, c'est de diminuer son apport calorique global, indépendamment du type d'aliments, notamment en revenant à l'écoute de ses sensations. Donc, la question n'est pas de manger les féculents à tel ou tel repas.

Pour ma part, les repas exempts de féculents sont plutôt rares et ceux-ci peuvent même souvent être au centre. C'est arrivé plusieurs fois ces derniers jours et je ne m'en plains pas ! Il y a eu par exemple :

- un original et délicieux risotto aux moules, fenouil et rougets concocté par mon chef privé italo-nippophile,

P1040049.JPG

- des galettes de pommes de terre. En effet, envie de faire plaisir à mon amateur de patates, je suis tombée sur une recette de galettes moelleuses de pommes de terre dans le livre Nature de Ducasse, souvent source de régals du week end (les recettes sont trop longues en général pour un soir de semaine). Il s'agit d'écraser des pommes de terre cuites comme pour une purée, puis de les mélanger avec farine, oeufs, crème, blancs d'oeufs et de faire ensuite cuire ce mélange sous forme de petites crêpes. Cela donne un plat complet étonnamment délicieux, y compris pour moi qui ne suis pas une grande passionnée de purée, sans doute parce que c'est plus ferme. Les galettes étaient accompagnées d'une salade d'herbes très parfumée comme cela est conseillé, à ma façon : un mesclun avec plein d'herbes que j'avais en stock, pas celles de la recette.

 P1040050.JPG


- une soupe de pâtes udon, avec des algues wakame, un grand classique japonais.

P1040066.JPG


Et vous avez-vous parfois peur des féculents ?

19/06/2011

OhmyFood, je me suis régalée... d'échanges !

Samedi et dimanche, j'animais une conférence au salon OhmyFood : "Peut-on maigrir sans faire de régime ?" Sans fausse modestie, elle a pas mal "cartonné" en faisant le plein aussi bien samedi que dimanche, avec un public nombreux et intéressé, posant des questions très diverses sur ma pratique. Et semblant assez convaincu par mon approche. J'ai notamment expliqué qu'il n'y avait pas de réponse unique à la question posée, que cela dépend de son histoire alimentaire, de ses régimes passés, des raisons qui font manger en excès, du fait d'être à son poids naturel ou pas. Mais que, quelque soit la situation, un régime ne ferait de toute façon qu'aggraver les choses.

A part cela, je me suis baladée dans le salon et j'ai eu le plaisir de revoir la Fée Diet, de rencontrer en vrai la bento-girl (mais pas que) noldenol, d'écouter (trop brièvement) Mlle Thé, de découvrir en vrai la belle vaisselle japonaise de Sucre Glace, de discuter avec les personnes de l'ANDES qui font du beau travail pour les populations précaires et ont publié le super Manuel de cuisine populaire, de revoir quelques collègues diététiciennes, d'écouter une conférence de l'agence Prunelle sur la communication nutritionnelle depuis un siècle, qui a bien changé et est de plus en plus savante, ...

ohmyfood,diététicienne gourmande,régimes,maigrir sans régime,nutrition,cuisine

Mademoiselle Thé, passionnée et accessible (sous sa veste, on devine un T-shirt "Make tea not war" évoqué sur son blog)

ohmyfood,diététicienne gourmande,régimes,maigrir sans régime,nutrition,cuisine

La vaisselle japonaise proposée par Sucre Glace

Bref, un salon plaisant et intéressant, plus sur le plan des échanges que sur le plan de la gourmandise car je n'ai pas vraiment été tentée de goûter aux spécialités proposées.

05/06/2011

Les Drs Apfeldorfer et Zermati lancent Linecoaching

Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati, les biens connus Présidents d'honneur du GROS, auteurs de plusieurs livres essentiels sur la relation à l'alimentation et l'amaigrissement, viennent de lancer un site de suivi en ligne pour faire évoluer le comportement alimentaire des personnes qui en ressentent le besoin, www.linecoaching.com. Alors, qu'en penser ?

Sûrement certains détracteurs diront qu'ils copient les Drs D... ou C..., qu'ils critiquent. Mais ne confondons pas le support et le contenu. Ce n'est pas parce qu'ils utilisent un site internet qu'ils vont donner des régimes ! Ce site leur a demandé beaucoup de travail, ils ont formalisé toute leur approche sous forme de questionnaires, d'exercices, ...à travers différents registres qui peuvent aider à pacifier son comportement alimentaire : écouter ses sensations, manger en conscience, gérer ses émotions, ...

Pour ma part, je me suis interrogée quand ils ont annoncé la nouvelle. Je suis membre du GROS, ils ont largement influencé ma pratique et j'apprends beaucoup à leur contact. Mais je crois tellement à l'importance de la relation humaine (cf les propos d'Irvin Yalom) que je doute qu'on puisse faire un travail véritablement personnalisé, adapté à chacun (tel que je le conçois) avec un programme informatique, même très sophistiqué. C'est d'ailleurs ce que reconnait Gérard Apfeldorfer et il ne prétend pas que Linecoaching puisse remplacer une prise en charge humaine.

Je comprends cependant leur intention : un site internet comprend une part d'interactivité qui permet un parcours semi-personnalisé, plus satisfaisant qu'un livre qui part dans la nature sans possibilité de dialogue. De plus, certaines personnes ont eu un parcours difficile avec des médecins, diététiciennes, ... et n'ont plus envie à un moment donné de se retrouver face à un professionnel de santé. S'abonner à ce site peut leur permettre de retrouver l'envie de travailler sur leurs habitudes alimentaires. Pour d'autres personnes intéressées par cette approche, il n'y a tout simplement pas de thérapeute du GROS à proximité de leur lieu de vie.

J'ai résumé quelques aspects de ces différentes possibilités avec un petit schéma qui pourrait vous aider à réfléchir au choix entre un livre, le site Linecoaching et le suivi par un professionnel, si la question venait à se poser :

schema_linecoaching.jpg

Dans GROS Info n°3, vous pouvez lire la présentation de Linecoaching par Gérard Apfeldorfer (pages 4-5) et le commentaire de Bernard Waysfeld, Président du GROS (page 7).

17/09/2010

N'ayons pas peur des féculents ! (plaisir gourmand du 16 septembre)

P1020604.JPGJ'entends régulièrement les femmes qui viennent me voir, et même un certain nombre d'hommes, me dire, pensant me faire plaisir : "oh, je ne mange pas de féculents le soir", "j'essaie de limiter les féculents", "si j'en mange le midi, je n'en prends pas le soir", "je mange du pain le matin, cela suffit", "j'adore les pâtes mais je n'en mange quasiment jamais", etc. Je prends bien le temps de leur expliquer que non seulement les féculents ne font pas grossir, mais qu'ils ne les empêcheront pas de maigrir ! Ils ont du mal à me croire et, comme d'habitude, je leur fais expérimenter cela par eux-mêmes.

Cessons d'avoir peur des féculents, nous en avons absolument besoin, quoi qu'en disent de multiples régimes. Mangez-en quand vous voulez en fonction de votre appétit. Pour ma part, j'aime beaucoup les pâtes, le riz, le pain et il est rare que j'ai un repas qui ne comprenne pas un de ces aliments, ou d'autres tels que le blé, la semoule, le quinoa... Ainsi, jeudi midi, j'ai déjeuné d'une salade de pâtes aux légumes grillés et dés de mozzarella. Et je ne m'inquiète pas de manquer d'aliments sources de protéines, je sais que mon bricolage alimentaire personnel, source d'équilibre sur la durée, m'en fera manger à d'autres repas.

NB : afin de vous encourager à prendre plaisir à manger le plus souvent possible, je vous donne chaque jour un plaisir gourmand personnel. Je serai ravie que vous postiez un commentaire si vous voulez une recette détaillée, une adresse,... ou faire une suggestion gourmande.

 

12/06/2010

Les consultations vues par... Claire

Après Hortense et Yaël, Claire, qui m'a consultée, répond à trois questions pour témoigner sur mon approche du comportement alimentaire, pas tout à fait traditionnelle.

Trois questions à Claire, 25 ans, chef de projet dans la musique

Q. Comment avez-vous vécu cet accompagnement ?

"Parfaitement. Ariane n'a rien à voir avec une diététicienne "classique", dans le sens où elle n'impose aucun régime, ne pèse pas et ne diabolise aucun aliment. Un vrai bonheur ! J'ai beaucoup aimé sa démarche d'accompagnement avec toujours une vision positive dans tous les comportements. J'ai aussi beaucoup apprécié qu'Ariane ne porte jamais de jugement de valeurs sur mes excès alimentaires. Ariane est aussi très à l'écoute et s'intéresse au rapport à la nourriture plutôt qu'à la nourriture elle-même. Elle s'intéresse au fond du problème et cela permet donc de le régler de manière durable."

Q. Qu'est-ce que cela vous a apporté aujourd'hui ?

"Cela a changé beaucoup de choses dans mon quotidien : adieu culpabilisation, bonjour plaisir ! Un vrai soulagement donc. Je suis ravie d'être devenue une "Inconsciemment Compétente"* qui a un rapport sain à la nourriture. La perte de poids s'est faite en douceur et sans aucune frustration. Si la perte de poids était mon objectif en entrant chez Ariane, il est vrai qu'aujourd'hui, je la remercie surtout pour avoir assaini mon rapport à la nourriture."

Q. Pourriez-vous donner un exemple de changement concret dans votre façon de manger ?

"Avant, je mangeais une barre de chocolat tous les soirs par "récompense" de ma dure journée de labeur. Ce n'était presque plus un plaisir, mais plutôt une habitude. Aujourd'hui, je mange un carré de chocolat quand j'en ai vraiment envie et quand cela me fait vraiment plaisir. Je le déguste d'autant plus."

jul2008 041.jpg
Les femmes et le chocolat, une relation compliquée !

*NB : Claire a retrouvé une régulation naturelle : son corps et ses sensations lui indiquent quand manger et s'arrêter de manger sans qu'elle ait trop à y penser consciemment.